Sourigues, poings sensibles

Une noirceur lumineuse entre burlesque et poésie

Paroles et musique Alain Sourigues, Jules Thévenot

Sourigues

Sourigues est un artiste doux-dingue, drôle en diable, inventif, surprenant. Humour à la Boby Lapointe – les mots voltigent de facéties en confessions pour le meilleur et pour le rire…

Sourigues est la terreur des lexiques, le tortionnaire des dictionnaires, l’amant de la litote, le réveil des linguistes et l’enchanteur des curieux. Son répertoire fait la part belle aux jeux de mots, les aphorismes se bousculent au coin des morceaux et les neurones sont sans cesse sollicités pour suivre une pensée farfelue et agitée. Il traque dans des recoins de banalité, des preuves  flagrantes de la grandeur et de la misère du genre humain. Repéré aux Rencontres d’Astaffort en 2001, cet amoureux des mots, poète et trublion, installe d’emblée une complicité avec le public. Son tour de chant est ponctué de digressions burlesques dans lesquelles la poésie affleure souvent. Selon les textes, on pense à une certaine chanson française, de celle-là qui a du nerf ! Il y a parfois comme un vent de Léotard, ou encore de Juliette – comme elle, Sourigues pédale  volontiers sur son « petit vélo rouillé », voire de Nougaro, swing, phrasé et intonation inclus.
Sa douceur naturelle s’insurge ponctuellement en une verve provocante, traits incisifs, coups de  griffes flirtent avec de la tendresse, un rien de nostalgie, des déceptions, du mauvais coton et des poings dans la gueule qu’il réfrène. Entre comédie sociale et désastre quotidien, humour et jeux de mots, drôle et cruel tout à la fois, il se livre sur scène avec élégance et générosité.