LA PROMESSE DE L’AUBE

De Romain Gary. Adaptation et jeu : Franck Desmedt. Mise en scène : Stéphane Laporte

CHAPELLE DES TEMPLIERS du 7 au 30 juillet à 12h00.
Relâche le mardi.

Amour maternel. Passant de la mère étouffante d’amour à la femme de ménage espiègle, du grand De Gaulle à une galerie de petits Parisiens qui traversent la terrible guerre, Franck Desmedt retrace avec virtuosité l’itinéraire de l’un des auteurs les plus mystérieux, le seul à avoir obtenu deux fois le prix Goncourt.

La Promesse de l’aube est un roman autobiographique écrit par Romain Gary en 1960. Il a perdu sa mère vingt auparavant et s’attache avec ce texte à lui rendre hommage. La Promesse, c’est celle que nous fait la vie lorsqu’elle nous donne une mère aussi aimante, une mère qui croit de manière absolue dans le talent de son fils et lui promet ainsi une carrière des plus brillantes. La Promesse sera tenue puisque l’auteur a eu le succès que l’on sait et qui l’a conduit à recevoir deux fois le prix Goncourt ! Mais La Promesse aura aussi un goût légèrement amer puisqu’il ne retrouvera pas dans ses relations amoureuses un amour aussi absolu. « Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »

Le travail d’adaptation et de mise en scène s’articule sur deux grandes parties : Dans la première, celle des années d’enfance et d’adolescence, s’incarne le personnage de la mère, ancienne actrice russe, juive et pauvre qui a incontestablement une revanche à prendre sur la vie et qui entoure son fils d’un amour fou, étouffant. Son omniprésence est suggérée sur scène par une ombre qui la représente même lorsque l’acteur ne l’incarne pas et ainsi diffuse une ambiance anxiogène et traduit l’ambivalence de cet amour fait d’ombre et de lumière. Dans la seconde partie, l’ombre a disparu et la guerre est là. La mère n’apparaît plus qu’à travers les nombreuses lettres, célébrant la gloire de son fils, qu’elle lui envoie.

Comme le souligne Franck Desmedt « La première partie est un va-et-vient douloureux entre Gary et sa mère, la deuxième un impossible va-et-vient entre Gary et l’idéal qu’elle avait pour lui. »